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Audioslave
Genre : Rock, Pays : US
Retracer la biographie d'AudioSlave peut au choix prendre quelques lignes ou faire l'objet de différents ouvrages... On optera pour l'option "quelques lignes" puisque la plupart des ouvrages ont déjà été écrits... Soundgarden a rendu les armes avant le revival grunge, laissant aux seuls Pearl Jam le lourd fardeau de l'héritage vivant du son de Seattle. Son frontman Chris Cornell a bien tenté une aventure en solo mais ce n'était pas vraiment ça, ses rock songs n'avaient pas réellement d'âme... Rage Against The Machine a par contre subi un clash à son sommet, après 3 albums de compositions studio dont un qui marque l'histoire du Rock, ils s'attaquent à des reprises avec Renegade et ne se dirigeant plus tous les quatre dans la même direction, ils décident de se saborder, Zack de La Rocha s'en va monter son projet solo, laissant ses comparses Tom Morello (guitare), Tim Commerford (basse) et Brad Wilk (batterie) composer de la musique dans leur coin... RATM étant un des plus grands groupes des années 90, les rumeurs vont bon train sur le remplacement de Zack, Chris Cornell jammant avec les ex-Rage, n'en est d'abord qu'une de plus et puis elle se confirme. Ils composent ensemble, un nouveau groupe va naître (d'abord appelé Civilian), le net s'empare de versions démos, l'album serait prêt plus rapidement que prévu... Mais c'est à nouveau le clash, le groupe n'est pas content de ce qu'il produit et décide de renoncer. Stupeur, émoi, respect. Mais AudioSlave, car c'est finalement ce nom qui sera choisi (après moultes aventures et dénominations) refait surface et mi-novembre, leur album éponyme fleurit. Une nouvelle flamme ranime les cendres de deux groupes cultes, la pochette est plus qu'explicite.

Deuxième opus du all-star band AudioSlave, au sujet duquel tout aura plus ou moins été écrit dans la presse dite "spécialisée", Out of exile débarque dans les bacs au printemps 2005 avec pour objectif de réitérer le carton commercial qu'avait été le premier effort du groupe. Dès les premiers riffs de "Your time has come", il ne fait aucun doute que si trois ans séparent les deux albums d'AudioSlave, le groupe n'a pas changé grand-chose à ce qui a fait le succès de son premier disque.

Et ça marche toujours aussi bien, sinon mieux, parce que le groupe n'a peut-être pas modifié radicalement son approche musicale mais les solos de Tom Morello sur "Your time has come" ou l'éponyme "Out of exile" apportent le petit plus qui fait la différence. Le guitariste à la casquette au jeu et riffs inimitables depuis Rage Against The Machine nous gratifie de quelques lignes de gratte étourdissantes dont lui seul à le secret. Et avoir un Tom Morello au sein de son line-up, ce n'est pas donné à n'importe quel groupe.

Mais Out of exile, ne se limite, heureusement, pas aux performances de son génial guitariste, les deux autres ex-RATM Brad Wilk (batterie) et Tim Commerford (basse) sont également largement à la hauteur de leur réputation pendant que Chris Cornell assurent une performance vocale de haute volée. L'ancien frontman de Soundgarden sait utiliser au mieux sa voix pour transcender des mélodies apparemment simples mais au final, d'une efficacité étourdissante ("Heaven's dead", ou le single "Be yourself").

Bien évidemment, AudioSlave n'a pas la prétention de révolutionner l'histoire du rock avec ce second album et propose ici un rock calibré FM, mais inspiré et parfaitement exécuté (en même temps, vu le passif des quatre, le contraire aurait été honteux). Aussi, si certains titres ne sont, soit pas franchement indispensables ("Dandelion"), soit un peu mou du genou ("Yesterday to tomorrow", "The curse"), le quartet a su également insuffler à cet album une petite dose de complexité purement technique et joyeusement foutraque ("The worm" et ses solos de gratte qui partent dans tous les sens, "Man or animal"...).

Entre hits absolus, tels que l'énormissime "Doesn't remind me" et sa partie instrumentale d'anthologie, et morceaux sympathiques à défaut de rester dans les annales du rock, AudioSlave revient sur le devant de la scène avec un album fort bien troussé et toujours efficace. D'autant que la prod signée Rick Rubin (Rage Against The Machine, SOAD...) est, une fois encore, irréprochable.

Il ressort de cet Out of exile une impression de facilité étourdissante, mais qui ne cache au final qu'une chose, le talent de quatre musiciens hors-norme qui savent mieux que personne composer des titres rock simples mais que l'on ne peut s'empêcher de faire tourner en boucle sur la platine...
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